Histoire de la dissuasion nucléaire

Ce cours proposé par le Centre interdisciplinaire d’études sur le nucléaire et la stratégie (CIENS) compte pour la mineure géopolitique et relations internationales. Ce cours est commun au Master 2 « Relations internationales » de l’INALCO, au Master ENS/Paris 1 Géopolitique et au Master PSL Peace Studies.

Dominique Mongin (CIENS / INALCO) et Ilaria Parisi (CIENS / Paris III-ICEE)

 

S1, 6 crédits ECTS

S2, 3 crédits ECTS

 


 

 

Second semestre

Séminaire de recherche

Chantiers d’histoire de la dissuasion nucléaire

Les puissances européennes et la dissuasion nucléaire :

Allemagne, France, Royaume-Uni

Second semestre 2018-2019

 

Animateurs : Frédéric Gloriant (Université de Nantes/CIENS), Dominique Mongin (CIENS/INALCO), Ilaria Parisi (CIENS/Paris III)

 

Présentation :

 

Notre séminaire « Chantiers d’histoire nucléaire », après s’être intéressé l’an dernier à diverses dimensions de l’histoire de la dissuasion nucléaire de la France, élargit le regard : dans un contexte stratégique troublé par une conjonction de défis qui remettent en cause l’architecture de sécurité euro-atlantique telle qu’elle s’était construite au cours de la guerre froide, qu’il s’agisse du nouvel activisme géopolitique de la Russie du Président Poutine, de l’attitude erratique du Président américain Trump vis-à-vis de ses alliés de l’OTAN, ou encore du Brexit, il nous a paru nécessaire d’interroger à nouveau le rapport de trois puissances européennes à la dissuasion nucléaire : l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni. Cinq chercheurs renommés et un grand témoin viendront nous présenter leurs travaux les plus récents sur cette thématique, avec toujours l’objectif d’éclairer l’hypothèse de l’émergence possible d’un rapport spécifique des Européens dans leur ensemble à l’arme nucléaire, par delà les profonds clivages qui les ont divisés entre eux au cours de l’histoire de l’ère nucléaire.

 

Le séminaire se tiendra en français ou en anglais (voir programme détaillé ci-dessous).

 

Chaque séance est ouverte à toute personne intéressée (élèves/étudiants de l’ENS, de l’INALCO ou autre, chercheurs, praticiens et experts).

 

Les séances auront lieu, sur un rythme mensuel, au 46 rue d’Ulm (salle de conférence), le mercredi de 18h à 20h (sauf exception), aux dates suivantes :

  • 13 février
  • 27 mars
  • 17 avril
  • 15 mai (de 17h à 19h)
  • 5 juin

 

Le cycle des 5 séances peut être validé dans le cadre du Diplôme de l’ENS et permet l’obtention de 3 crédits ECTS (critères de validation : 1. assiduité, 2. réalisation d’un mini-mémoire de recherche sur un sujet à définir avec les enseignants).

 

L’audition est libre. Vous pouvez vous inscrire ici ou envoyer un mail à l’adresse ilaria.parisi@ens.fr.

 

Programme :

 

13 février 2019

séance en anglais (mais les questions pourront être posées en français)

Thématique : 

Le containment et les limites de la Westbindung  : la question nucléaire allemande durant la Seconde Crise de Berlin (1958-1963) 

Intervenant : 

Andreas Lutsch, auteur de Westbindung oder Gleichgewicht ? Die nukleare Sicherheitspolitik der Bundesrepublik Deutschland zwischen Atomwaffensperrvertrag und NATO-Doppelbeschluss (1961-1979), Munich : de Gruyter, 2019.

Chercheur en histoire contemporaine à l’Université de Würzburg, Institut d’histoire contemporaine. Ses recherches portent sur les relations transatlantiques, les questions nucléaires, et l’approche allemande des questions de dissuasion nucléaire durant la guerre froide. Il a publié notamment “Merely ‘Docile Self-Deception’ ? German Experiences with Nuclear Consultation in NATO” (The Journal of Strategic Studies, 2016).

 

27 mars 2019

séance en français

Thématique  : 

La posture nucléaire de la France vis-à-vis de la RFA durant les années 1980

Intervenant : 

Frédéric Bozo, auteur de “Not a nuclear Switzerland” : France’s deterrent posture and the Federal Republic of Germany in the 1980s, chapitre à paraître dans Nicolas Badalassi & Frédéric Gloriant, The Franco-German Duo and Nuclear Deterrence, aux éditions Berghahn.

Professeur d’histoire contemporaine à l’Université Sorbonne Nouvelle Paris 3, Institut d’études européennes. Ses travaux sont consacrés tout particulièrement à l’étude des relations transatlantiques, de la politique étrangère de la France pendant et après la Guerre froide, et des relations franco-allemandes. Il est notamment l’auteur de La France et l’OTAN. De la guerre froide au nouvel ordre européen (Masson, 1991), Mitterrand, la fin de la guerre froide et l’unification allemande  : de Yalta à Maastricht, (O. Jacob, 2005), La politique étrangère de la France depuis 1945 (Flammarion, 2012).

 

17 avril 2019

séance en anglais (mais les questions pourront être posées en français)

Thématique : 

Faire l’histoire de la politique de dissuasion nucléaire du Royaume-Uni, de 1945 à 1970 : questions de méthode, archives, grandes problématiques

Intervenant : 

Matthew Jones, auteur de The Official History of the UK Strategic Nuclear Deterrent. Volume I, From the V-Bomber Era to the Coming of Polaris, 1945-70 et Volume II : The Labour Government and the Polaris Programme, 1964-1970 (London, Routledge, 2017).

Professeur d’histoire internationale à la London School of Economics and Political Science. Ses recherches s’intéressent à la politique étrangère et de défense du Royaume-Uni et des Etats-Unis. Depuis 2008, il est historien officiel du programme nucléaire militaire britannique. Ayant bénéficié d’un accès à de très nombreuses archives britanniques inédites, il a publié une histoire de la dissuasion britannique de 1945 à 1970, publiée en deux volumes en 2017.

 

15 mai 2019, exceptionnellement de 17 à 19h

séance en anglais (mais les questions pourront être posées en français)

Thématique : 

Histoire de la coopération entre la Grande-Bretagne et la France dans le domaine du nucléaire de défense

Intervenant  : 

Richard Moore, auteur de Nuclear Illusion, Nuclear Reality : Britain, the United States and Nuclear Weapons, 1958-64 (Basingstoke, Royaume-Uni, 2010).

Historien de l’Atomic Weapons Establishment (AWE), le laboratoire chargé de la conception et de la fabrication des armes nucléaires britanniques, et membre associé du Centre d’Études de Science et Sécurité (CSSS) au King’s College London.

 

5 juin 2019

séance en français

Thématique  : 

De la fin des essais nucléaires français au programme Simulation

Intervenants  : 

Daniel Verwaerde, ancien administrateur général du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (2015-2018), ancien directeur des applications militaires du CEA (2007-2015), ancien directeur des armes nucléaires (2004-2007). Il interviendra en tant que Grand témoin.

Dominique Mongin, auteur de Dissuasion et Simulation : de la fin des essais nucléaires français au programme Simulation, Paris : éd. Odile Jacob, 2018. Il enseigne au CIENS et à l’INALCO. Il a publié plusieurs ouvrages et articles sur les origines et l’évolution du programme nucléaire de défense français, dont : La bombe atomique française 1945-1958 (Bruylant – LGDJ, 1997) et Résistance et dissuasion : des origines du programme nucléaire français à nos jours, avec Céline Jurgensen (Odile Jacob, 2018).

 

Vous trouverez une version pdf du programme en bas de cette page.


 

Premier semestre

 

Panorama historique sur la dissuasion nucléaire, de 1945 à nos jours

Premier semestre 2018-2019

Dans un monde dont une partie importante renforce la place dévolue à l’arme nucléaire (en Russie ou en Asie par exemple), et où par ailleurs l’Europe a largement perdu sa grammaire dans ce domaine, il est utile de jeter un regard historique sur un certain nombre de débats et d’événements à caractère nucléaire de l’époque contemporaine, et d’éclairer ainsi sous cet angle les questions de politique internationale et de sécurité actuelles. L’objectif de ce séminaire est d’aborder l’histoire de la dissuasion nucléaire dans ses dimensions stratégiques, militaires, politiques et administratives, et d’offrir un panorama général de l’histoire de la dissuasion nucléaire, de 1945 à nos jours.

MARDI 17h-19h, chaque semaine à partir du 18 septembre 2018

Salle : Jourdan R2-02

Validation : assiduité, rédaction d’une note de lecture & d’une note opérationnelle

Contact : ilaria.parisi@ens.fr

 

Programme des séances du 1er semestre (à titre indicatif)

 

Séances n° 1 et 2 : La genèse de l’âge nucléaire militaire, les 18 et 25 septembre : 

  • les découvertes fondatrices
  • le nucléaire, un enjeu de souveraineté pour la France au cours de la DGM
  • du programme Tube Alloys au Manhattan project
  • Hiroshima et Nagasaki 
  • l’apparition du concept de « dissuasion » 

 

Séances n° 3 et 4 : Des débuts de la Guerre froide à la quête de la parité stratégique soviéto-américaine (1945-1970), les 2 et 9 octobre : 

  • le rôle attribué aux armes nucléaires au début de la Guerre froide (1945/57), dans ses dimensions tant stratégique que tactique
  • l’Europe confrontée à la quête de la parité stratégique soviéto-américaine, de 1957 au début des années 1970
  • les dilemmes de l’OTAN, entre partage nucléaire et dangers de la « dissémination », 
  • le programme nucléaire britannique
  • le programme nucléaire français 
  • les perspectives d’une « bombe européenne »

 

Séances n° 5 et 6 : Les « crises nucléaires », les 16 et 23 octobre : 

  • Tableau général des crises
  • Retour sur plusieurs crises de la Guerre froide :
  • en Europe (Berlin)
  • en Asie (Corée)
  • en Amérique (Cuba)

 

Séances n° 7 et 8 : Les débuts (1963) et le développement de l’Arms Control, la crise de la « détente », la crise des Euromissiles (1979/87) et la fin de la Guerre froide (1991), les 6 et 13 novembre : 

  • le basculement vers la « détente nucléaire » et le contrôle des armements (Partial Test Ban Treaty, TNP, accords SALT et START)
  • la crise de la détente soviéto-américaine
  • l’Europe, entre les SS20 à l’Est et les pacifistes à l’Ouest
  • la fin de la Guerre froide du point de vue nucléaire

 

Séances n° 9 et 10 : Le monde post-Guerre froide, désordre et recomposition (depuis 1991), les 20 et 27 novembre : 

  • une crise de légitimité de la dissuasion nucléaire en Occident ?
  • le « second âge nucléaire » : un nouvel ordre nucléaire mondial multipolaire (les risques d’une prolifération en cascade au Moyen-Orient, la zone Asie-Pacifique et la montée en puissance chinoise, la « guerre froide » indo-pakistanaise, le rôle du nucléaire dans la stratégie militaire russe et le retour de la question nucléaire en Europe)
  • les progrès du désarmement et de la non-prolifération (le désarmement unilatéral et bilatéral, la question des essais et des ZEAN)
  • le rôle de la Simulation
  • l’avenir de la dissuasion nucléaire 

 

Séance n° 11 : Restitution finale des travaux (présence facultative), le 18 décembre.