Le Moyen-Orient : épicentre du nouvel arc de crise

Second semestre 2018-2019
Cours assuré par Fabrice Balanche, Maitre de conférences HDR à l’Université Lyon 2
https://ghhat.univ-lyon2.fr/balanche-fabrice-517440.kjsp

Moyen-Orient : Epicentre de l’arc de crise

Le concept d’arc de crise est né durant la guerre froide. Il s’étendait de l’Afrique
centrale jusqu’au Sud-Est Asiatique en passant par le Moyen-Orient. Il était le produit de la confrontation entre les Etats-Unis et l’Union Soviétique. En Europe, le conflit était gelé par les accords de Yalta et le rideau de fer, mais ce n’était pas le cas ailleurs, puisque les deux puissances s’affrontaient par alliés interposés. La fin de la guerre froide a réduit les tensions dans plusieurs zones de l’arc de crise, comme le Sud-Est asiatique. En revanche, le conflit Israélo-Palestinien lui ne s’est pas éteint et de nouveaux conflits sont mêmes apparus au Moyen-Orient. Ce qui prouve que des conflits locaux peuvent exister indépendamment de celui qui opposait les deux blocs. Une évidence qui n’en était pas une durant la guerre froide.
La crise syrienne marque un tournant dans les relations internationales. La
parenthèse de l’hégémonie occidentale ouverte avec la chute de l’Union Soviétique s’est refermée. La Russie est redevenue un acteur majeur. Avec le soutien d’une autre puissance émergente, elle a bloqué le changement de régime en Syrie voulu par les Occidentaux. La compétition régionale entre l’Arabie Saoudite, l’Iran et la Turquie prend donc une nouvelle dimension qui rappelle la guerre froide, à la différence que nous ne sommes pas dans un monde bipolaire.

Cependant, il ne faut pas occulter les dynamiques locales qui sous-tendent ces conflits. La guerre en Syrie et la guerre au Yémen ont à l’origine des causes locales, qui furent ensuite récupérées par les puissances extérieures. Cependant, les alliés locaux ne sont pas des simples mercenaires, ils possèdent leurs propres logiques qui peuvent rentrer en contradiction avec la stratégie des grandes puissances. Les stratégies élaborées à Moscou, Téhéran, Ankara, Ryad et Washington peuvent se trouver mises en échec par méconnaissance du terrain sur lequel ces acteurs comptent appliquer leurs actions. Ce qui se déroule au Moyen-Orient aujourd’hui prouve que les calculs géopolitiques ne peuvent pas s’émanciper d’une connaissance fine des enjeux locaux. Nous insisterons dans ce cours sur cette relation indispensable entre le terrain et les jeux d’acteurs extérieurs, autrement dit entre géographie politique et géopolitique : « La géographie politique constitue l’étude de l’espace en tant que cadre, quant à la géopolitique c’est l’espace en tant qu’enjeux » (Stéphane Rosière). Nous ferons un usage abondant d’une cartographie originale à différentes échelles.
Pour comprendre les rapports et les rivalités de pouvoir qui s’exercent au Moyen-
Orient, il faut être au fait de sa spécificité sociale et culturelle. Si le territoire est appréhendé de façon neutre ou pire - en plaquant une conception étrangère - on ne peut que se fourvoyer. Cette incompréhension par les acteurs géopolitiques externes peut conduire rapidement à l’échec de leur politique, et avoir des conséquences dramatiques dans le cas d’un conflit dont les causes ont été mal identifiées comme dans les cas syrien, yéménite et libyen.

Programme prévisionnel des séances

1-Introduction : le Moyen-Orient après les printemps arabes
2-Géo-économie du Moyen-Orient
3-La construction nationale chiite irakienne
4-La crise syrienne de l’intérieur
5-Les enjeux internationaux de la crise syrienne
6-Le problème kurde
7-La fragmentation du Yémen
8-Les rivalités dans le Golfe
9-La mosaïque libyenne
10-Le Liban communautaire
11-Israel-Palestine : un conflit secondaire
12-Conclusion : Quelles perspectives pour le Moyen-Orient ?

Evaluation
Les auditeurs auront le choix entre deux modes d’évaluation en fonction de leur
projet professionnel. Ceux qui se destinent à la recherche rédigeront un avant-projet
de recherche sur une problématique qu’ils choisiront eux-mêmes. Ceux qui se
destinent à l’analyse devront rendre une note de synthèse (1,000 à 1,500 mots)
accompagnée d’une carte sur une question d’actualité.

Contact et informations : fabrice.balanche@gmail.com