École normale supérieure

Le mont Ventoux : du Crétacé ànos jours

Un massif façonné par l’eau


Un écoulement souterrain très important

L’eau semble absente du mont Ventoux. On y trouve quelques rares sources, le ruissellement de surface est faible. Cependant, une importante lame est disponible pour l’écoulement, car le versant sud constitue une barrière aux masses d’air humides venant de la Méditerranée, et les précipitations sont abondantes dès que l’altitude augmente.

L’écoulement alimente presque exclusivement l’infiltration sur les calcaires. L’essentiel des eaux s’infiltre profondément et ressort à la Fontaine de Vaucluse, située à 30 kilomètres au sud du massif. Ainsi, le massif du Ventoux reçoit et fait circuler des volumes d’eau considérables. Les écoulements sont organisés en un ensemble de drainage hiérarchisé, tel un réseau hydrographique de surface.
On ne voit point l’eau elle-même, mais on en voit les traces. L’ancienne présence de l’eau a entraîné une dissolution des calcaires et la formation d’un système karstique remarquable.

 

L’action de l’eau de surface sur les reliefs

A la place des anciens lits se trouvent des thalwegs. Les formes de dissolution des calcaires, ou lapiaz, dues à l’ancienne présence de l’eau, sont masquées au sol par les éboulis périglaciaires et les débris rocheux.

Cependant les calcaires sont bien visibles sous la forme d’escarpements. La Combe de Curnier est une véritable gorge, à sec, entourée de falaises. Ses parois ont été ciselées par l’eau. Elles présentent des renfoncements qu’on appelle des baumes, et qui constituent des abris sous les roches. Cela tient à la différence des calcaires, due aux différents coraux de l’ère secondaire. Le calcaire urgonien comprend des lits durs et des lits mous. Les roches dures ont l’apparence de blocs cimentés, tandis que les roches plus tendres donnent de petits cailloutis qui s’effritent facilement. Sur le versant sud, les vallons et les combes sont nombreux. Lorsqu’ils sont encadrés de parois abruptes, on peut parler de canyons.

Parfois l’eau refait surface. On la voit apparaître sous la forme de résurgences karstiques. Généralement à sec, la combe de Curnier peut exceptionnellement rassembler les grosses eaux des orages d’automne, les écoulements peuvent être puissants et entraîner avec eux des matériaux qui participent à l’érosion. Ainsi des débris de roche recouvrent le sol.
 

Baume dans la combe de Curnier. Au sol, des éboulis périglaciaires. Photo C. Le Pape

L’intérieur du Ventoux

L’eau circule désormais en profondeur, grâce à un réseau interne très important. Les chemins empruntés par l’eau ont changé. Aujourd’hui, de nombreuses grottes et avens, qui faisaient autrefois partie du réseau hydrographique souterrain, sont délaissés par l’eau et attirent promeneurs et spéléologues. Un aven est une cavité dont l’accès s’ouvre dans le sol et qui présente la forme d’un puits vertical dont la profondeur peut être impressionnante. Le plus souvent, il résulte de l’effondrement de la voûte d’une grotte, suite à la dissolution des couches calcaires.

Les processus souterrains entraînent également une modification du relief à la surface. La présence de dolines autour du Ventoux en est un exemple. Celles-ci sont dues à l’affaissement d’une grotte, qui n’a pas provoqué, contrairement au cas des avens, l’ouverture de la cavité sous-jacente. Une dépression de surface se forme, la doline, où l’eau peut s’accumuler et déposer par ravinement des argiles de décalcification, d’où la couleur rouge de la terre.
 

II. La forêt du mont Ventoux

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